La Maison au Cadran Solaire
 6 rue de l'Eglise
Une maison du XVIIe siècle
Cette maison élevée en pierre blanche, millésimé 1630 par un cartouche en façade, possédait un rez-de-chaussée voûté en berceaux selon la mode de l'époque. C'est la seule maison datée qui soit antérieure à la guerre des Lustucru à Hucqueliers, mais d'autres non millésimées peuvent lui être contemporaines.
Le cadran solaire connaît une grande vogue au XVIIIe. Celui-ci est déclinant du matin: orienté au sud-est, son style linéaire pointe vers midi, donnant l'heure du matin à gauche et l'heure de l'après-midi à droite. Gravé sur lignes et demies lignes, son bandeau extérieur porte les chiffres arabes de 6 à 4 (il ne peut donner l'heure solaire qu'entre 6 heures et 18 heures). Les cadrans solaires dits méridionaux sont orientés plein sud et le dessin de leurs lignes est symétrique.
La sobriété de la façade, aux encadrements de fenêtres en bandeaux à ressaut, est une caractéristique des maisons du cœur du bourg d'Hucqueliers.
Les maisons voisines autour de la place s'élèvent sur deux niveaux, avec ou sans combles, sur 3 à 7 travées, elles sont alignées et mitoyennes en front à rue, avec des ornements très simples: clefs de fenêtres, bandeaux peints, motifs dessinés dans l'enduit. Le parcellaire est très dense, et les toitures ont parfois conservé leur pignon dit "en wamberge" (plus élevé que le toit). Cette configuration permettait de séparer les toitures et d'y ralentir la propagation du feu. Les enduits des façades donnent une impression d'homogénéité trompeuse, car les matériaux de construction restent variés: craie, silex, brique, torchis.
Les maisons à étage demeurent rares à la fin du XIXe siècle dans nos campagnes, et se trouvent davantage dans les chefs-lieux de canton. C'est le cas d'Hucqueliers en 1861 qui compte 136 maisons en rez-de-chaussée, et 56 maison à étage, son statut et sa situation de carrefour ont attiré une grande concentration de commerces, artisanats et services.
La Maison Espagnole
8 rue de l'Eglise

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Parmi les maisons du XVIIe siècle bâties en craie à Hucqueliers, celle-ci se distingue par son style. Appelée "maison espagnole" en raison de l'époque de sa construction où le proche Artois appartenait aux Pays-Bas espagnols, sa façade en pierre blanche affiche le millésime 1672, par ses ancres ainsi que par une cartouche en pierre blanche sculpté de style Renaissance.
Bâtie en pierre blanche d'appareil régulier, elle est percée de 5 fenêtres dont l'encadrement a été repris en briques. Elles encadrent une porte en plein cintre dont les pilastres latéraux portent des chapiteaux ioniques à volutes. Le double entablement qui les surmonte est sculpté d'une tête d'ange ailée, et l'ensemble est coiffé d'un fronton cintré posé sur le cordon horizontal qui sépare les deux niveaux. Le soubassement a été cimenté et peint, et une porte à droite murée et réduite en hauteur.
Des dessins de Clovis Normand, architecte hesdinois de la fin du XIXe, nous montrent les linteaux cintrés des fenêtres. Portes et fenêtres au rez-de-chaussée possédaient à l'origine des arcs en plein cintre ou arcs de décharge. La maison appartenait au début du XXe siècle à Mlle Lefebvre de Longeville.
Elle a conservé un plafond voûté en berceau du XVIIe siècle, en brique sur solives, aujourd'hui enduit et peint. 
De l'autre côté de la rue, nous retrouvons la devanture en bois d'une ancienne boutique, des fenêtres à six carreaux, fréquentes dans l'habitant ancien d'Hucqueliers.
La Maison du Notaire
7 rue de l'Eglise
La Maison Harlé
Cette grande maison dont la porte cochère a conservé ses chasse-roues, fut bâtie en 1842 par le notaire et maire, Antoine Harlé (un homme de deux mètres). A gauche se tenait les études notariales, et à droite l'habitation. Au rez-de-chaussée, cuisine, salle à manger et salon ouvrant trois fenêtres sur rue, et à l'étage sept chambres. Une petite cour donnait sur un très grand jardin auquel on accédait par un long couloir de haies.
Marié à Sylvie Demonchaux, il a une première fille, Emilie, qui nait en octobre 1844. Mais Antoine Harlé meurt le 22 aout 1845 pris d'une apoplexie: sa chute lui fait heurter le front sur le coin d'une commode en marbre, et il meurt une heure ou deux plus tard, avant l'arrivée de son ami le docteur Cayeux de Montreuil. Une colonne de marbre au cimetière, autrefois surmontée d'un calice mentionne: "A la mémoire d'Antoine Harlé, notaire et maire décédé le 22 aout 1845 à l'âge de 34 ans".
Sa femme vent l'étude et s'installe Maître Martin, son épouse et sa belle-mère, Mme Crandal. Mais l'entente n'étant pas cordiale, il se fait bâtir une maison (le Clos) vers 1972, en haut de la rue.
La veuve Harlé confie ensuite l'étude à Alfred Moitier qui la cède à son frère Charles en 1962 pour se consacrer à ses fonctions de maire et de conseiller d'arrondissement. Charles Moitier épose en 1865 la fille Harlé, Emilie.
Le Presbytère
15 rue de l'Eglise
En haut de la rue de l'église, l'alignement des maisons en front de rue est rompu par deux maisons: le presbytère et le Clos. 
Au début du XIXe siècle; la paroisse d'Hucqueliers, pourtant désignée chef-lieu de décanat, ne possède pas de presbytère comme nous l'apprend une lettre du maire au préfet datée de 1808. Cette situation n'a pas évolué en 1821 puisque dans une lettre adressée à l'évêque le 14 septembre, le doyen Cocatrix nouvellement nommé demande à résider au presbytère d'Herly où il était prêtre.
En 1825, la municipalité se décide à faire l'acquisition d'une maison d'une valeur de 1300 F pour en faire un presbytère. Un rapport du curé Soyez d'Humbert, du doyen Dourdron, rédigé entre 1844 et 1856, nous apprend qu'il est situé à 500m de l'église et qu'il menace de tomber en ruine. Il n'est pas habité par le doyen mais par l'instituteur et le juge de paix.
L'abbé Dourdron (1833-1856) vit quant à lui dans une maison qu'il a fait construire rue de l'Eglise. Cette habitation est rachetée par la Commune à la sœur du doyen, Pétronille Dourdron en 1863.
Cette maison, qui ne fait plus office de presbytère aujourd'hui, a subi très peu de modifications depuis le XIe siècle. 
De plan rectangulaire, elle s'élève sur deux niveaux et un étage de combles. Les murs recouverts d'enduit supportent un tout à croupes couvert d'ardoises. Neuf fenêtres et une porte rythment la façade donnant sur la rue. Le presbytère présente une façade sobre, dépourvue de signe religieux. Il se distingue seulement des maisons voisines par sa toiture d'ardoise, son gabarit et son implantation en retrait d'alignement, en fond de cour. Les fenêtres et la porte sont munies d'encadrements à bandeaux plat et la façade est animée par des cordons et des chaînes d'angles.
Une Maison de Maître 
19 rue de l'Eglise
Cette grande demeure bourgeoise en brique, appelé le Clos, fut bâtie par le notaire Grare-Martin vers 1972, comprenant sa résidence et son étude. Trois autres notaires s'y succédèrent jusqu'à la Grande Guerre: Fabre Baudechon Armand (1893), Viviez Gabriel Léon (1900) et Delahodde Rogez Paul (1910).
Le logis principal en fond de cour s'étend sur sept travées et deux niveaux, avec combles éclairés de trois lucarnes en oculus. Des cheminées se dressent sur la toiture en pavillon.
Les fenêtres possèdent un linteau cintré orné d'une clef, avec une ornementation plus importante sur la travée centrale formant l'entrée. Des cordons horizontaux marquent l'appui des baies, et séparent les étages.
Deux bâtiments, en brique peinte également, mais à simple rez-de-chaussée, forment retour sur la rue. Les grandes arcades marquent l'emplacement d'anciennes écuries. La façade postérieure de ces dépendances montre un solin en silex surmonté de moellons de craie et de briques.
Il n'est peut-être pas anodin que les deux demeures atypiques, le Clos et le château, aient été bâties à la même époque, à l'initiative de deux notaires, dominant de leur masse et de leur position élevée l'ensemble du bourg.
Texte tiré de "A la découverte du patrimoine d'Hucqueliers" par Sophie Léger et Delphine Maeyaert
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