Le Château (rue du Château)
       
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
        La fondation d'une forteresse au XIIIe siècle
 
Dom Ducrocq, historien du Boulonnais, rapporte que Philippe Hutrepel, comte de la Boulogne, aurait fait construire le château d'Hucqueliers vers 1231. La seigneurie passe ensuite aux familles de Fiennes, puis de Luxembourg.
        Des travaux au XVe siècle
En 1415, Jeanne de Luxembourg écrit qu'il est urgent de pourvoir les forteresse des ducs de Brabant face aux ennemis du Royaume, les Anglais, en habits, vivres, gens d'armes et de trait. Les comptes de la châtellenie de Tingry nous livrent le détail des travaux qu'elle fit faire au château d'Hucqueliers, nous offrant des indications précieuses sur le site.
Des bâtiments restaurés: Les réfections concernent des fenêtres aux écuries neuves dans la basse-cour, la couverture en tuiles des haute et basse saules, des cloisons, les murs de la basse-cour, deux chambres neuves au donjon décrit comme une "grosse tour carrée", chaulage d'une partie de la basse-cour et du donjon. On refait aussi une paroi dans la halle de la ville, sur la place.
Des accès sécurisés: Réparations à la porte du donjon, son pont, son tapecul (porte s'ouvrant par le haut du vantail) et sa herse, aux barrières, remplacement des serrures aux prisons, à la chambre du capitaine et au cellier.
Un arsenal renforcé: On fait remplacer les viretons (plumes) des traits d'arbalètes par un artisan de Montreuil.
Le château prend à cette époque l'allure d'un quadrilatère flanqué de 4 tours aux angles, doublé  d'une enceinte intérieure comprenant le donjon carré. L'entrée principale s'ouvrant avec pont-levis se situait à l'entrée du château actuel.
 
En 1451, le duc Philippe le Bon restitue à Louis de Luxembourg les terres de Tingry et d'Hucqueliers, qui avaient été confisquées en 1435 à son oncle Louis de Luxembourg, évêque de Thérouanne, farouche partisan de l'ennemi anglais.
        Le démantèlement de la forteresse: 11 juillet 1662, répression de la révolte des "Lustucru"
Le château est démantelé en 1662, après la révolte des "Lustucru".
En 1662, neuf compagnies de cavalerie avaient été placées en cantonnement dans les villages entre Marquise et Hucqueliers. Les soldats traitèrent le Boulonnais en pays conquis et les pays exaspérés se soulevèrent sous les commandement d'un gentilhomme du pays, François Postel, seigneur du Clivet à Preures, homme d'un caractère bouillant et d'un esprit aventureux. La révolte s'étendit comme traînée de poudre; les cavaliers furent attaqués, désarmés, mis en fuite, et le château d'Hucqueliers enlevé le 24 juin.
Le château était délabré; du Clivet et son lieutenant savaient cependant qu'ils avaient à combattre des forces beaucoup plus supérieures en nombre. Leurs soldats improvisés s'armèrent de tout ce qui leur tomba sous la main: fusils bons ou mauvais, vieilles épées, hallebardes, lances rouillées, fourches et bâtons. Mais dans leur exaltation, ils ne songèrent pas suffisamment aux munitions et aux vivres.
Le 10 juillet, le duc d'Elbeuf, gouverneur de Picardie, envoya son lieutenant pour les assiéger, le marquis de Montpezat (alias Montcavrel). Celui-ci voyant que la résistance ne pourrait être longue, eut pitié de ces malheureux: il leur envoya demander pourquoi ils résistaient, et à qui ils faisaient la guerre. "A personne", dirent-ils. "Déposez les armes, répondit le marquis, et ouvrez la place aux troupes de sa majesté à qui elle appartient". La liberté de sortir leur fut assurée, s'ils obtempéraient, avec la promesse que nul d'entre eux ne pourrait être recherché pour sa conduite passée. Mais ils refusèrent de se soumettre, et le lieutenant général ordonna de pointer les canons contre les murailles minées par le temps. Elles s'écroulèrent aux premières volées, et les défenseurs, passant de l'exaltation la plus irréfléchie à un découragement absolu, cherchèrent leur salut dans une fuite précipitée. Les troupes du roi pénétrèrent dans la place, et firent 400 prisonniers que l'on garda à vue dans l'église. Quelques-uns obtinrent la liberté au prix de cent écus par la tête, mais 4 des plus mutins, furent condamnés à être pendus sur la place d'Hucqueliers. Ils se nommaient Lefebvre, du village d'Ergny, Masset de Preures, Comballot d'Hucqueliers, et Lambert. Comme il ne se trouvait pas de bourreau, le sort désigna celui des 4 qui aurait le triste privilège d'être l'exécuteur et d'obtenir ainsi sa grâce. C'est Lambert qui pendit ses infortunés camarades aux branches d'un arbre. Les cloches des églises furent dépendues pendant un an, dans les bourgs de Marquise, Samer et Hucqueliers. 
Hucqueliers constituait une des places défensives du Boulonnais avec les forteresses de Belle, Fiennes, Longvilliers et Tingry. Situé à proximité de la frontière avec l'Artois, il avait une importance capitale, et a toujours un gouverneur jusqu'à la prise d'Hesdin en 1639. La forteresse ne fut pas relevée de ses ruines après 1662, et son autel (car elle possédait une chapelle) fut transféré dans l'église du village.
Au XIXe siècle il ne reste de l'ancienne forteresse que des fondations: le baron de Calonne décrit "un vaste massif de maçonnerie flanqué de 4 tours en saillie à chacun des angles, protégé à l'est par des bois considérables, et à l'ouest par l'escarpement qui aboutissait au marais qui forme aujourd'hui la place". Il ne reste de cette forteresse qu'un immense mur appareillé en silex à peine équarris, qui fut sans doute repris au XIXe siècle, envahi par la végétation, dominant  d'anciennes douves.
          Un nouveau château (1873)
C'est sur ce site qu'Alfred Moitier, notaire et maire d'Hucqueliers, fit bâtir, pour sa fille Louise, un château dans le style néogothique, de 1871 à 1873. 
La demeure élevée en brique aux encadrements de pierre, est formée d'un corps de logis encadré de deux tours, l'une polygonale, l'autre circulaire qui a perdu sa corniche en gouttes de briques. La travée de l'entrée est marquée de pilastres en briques autrefois peints. Une terrasse à balustrade en pierre fut aménagée devant, et des dépendances furent ajoutées fin XIXe et début XXe.
On remarque des maçonneries appareillées en damier de grès et silex sous la terrasse, ainsi qu'au mur de clôture. Ces matériaux qui n'ont qu'un peu plus d'un siècle rappellent l'ancienneté du site: le damier grès-silex apparut à partir du XIVe (on le retrouve, majoritairement sur le solin des édifices religieux) et servait à isoler de l'humidité du sol les murs élevés en pierre.
        Une configuration énigmatique
        
En descendant la rue du château, on note que la forteresse avait été établie sur un des versants de la vallée au fond de laquelle s'est étendu l'habitat. Un mystère demeure sur l'isolement de l'église implantée sur l'autre versant, seule, face du château: des restes de fondation d'habitat près de l'église, et la découverte dans les environs d'un puits bouchés dans lequel s'était enfoncé un cheval, ont pu faire croire à un déplacement du centre du village de la côte de l'église vers le fond de la vallée, ce que ni l'archéologie, ni les archives, ne viennent confirmer à ce jour.
Texte tiré de "A la découverte du patrimoine d'Hucqueliers" par Sophie Léger et Delphine Maeyaert.
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