L'Eglise Saint-André
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         La paroisse
 
La plus ancienne mention d'Hucqueliers semble dater de 1069. Hukelirs est cité avec Preures, Wicquinghem et Bourthes dans un acte de Drogon, évêque des Morins, qui répertorie les autels religieux sur lesquels s'étend son autorité, et qui donnent lieu, par conséquent, à une dîme. Au cours du siècle suivant, l'autel d'Hucqueliers est cité à plusieurs reprises.
La destruction de Thérouanne par Charles Quint en 1553 retire au diocèse son chef-lieu. Choisi en 1559 comme résidence épiscopale, Boulogne devient le siège d'un nouvel évêché en 1567. L'église d'Hucqueliers est rattachée au doyenné d'Alette et à la paroisse de Preures dont elle constitue l'annexe. Elle est desservie par des vicaires, et la dîme est perçue par les chanoines de Boulogne et le chapelain de la chapelle du château.
Lors du Concordat de 1801, Hucqueliers devient à son tour paroisse et chef-lieu du diaconat. Le premier doyen est l’abbé Miroir, ancien curé d’Alette, décédé en 1821. Elle est aujourd’hui rattachée à la paroisse Notre-Dame-des-Sources, desservie par l’abbé Clovis et qui regroupe 22 clochers.
L’église Saint-André s’élève sur les hauteurs d’Hucqueliers, à l’écart du cœur de bourg. Ses murs de craie se dressent sur un soubassement associant des blocs de grès et des silex disposés en damier irrégulier.
Une édifice résultant de plusieurs campagnes de construction
L’église Saint-André se compose d’une nef prolongée par un chœur et doublée au nord d’un collatéral terminé par une chapelle. Le bas-côté qui s’étend sur trois travées est au moins long que la nef qui présente une travée supplémentaire.
Selon l’historien Roger Rodière, l’église présentait à l’origine un plan à trois vaisseaux Le collatéral sud disparu était de même longueur que la nef comme semblaient l’indiquer des traces de fondation qui ne sont plus visibles aujourd’hui.
Un clocher s’élève sur la première travée du collatéral à l’ouest.
Le mur nord est éclairé par trois fenêtres à archivoltes, dont les meneaux ont été restaurés en 1869 par Henry, sculpteur à Neuville. La première est géminée à l’ouest, les deux autres divisées en trois registres. Sous la seconde s’ouvre une petite porte latérale en plein cintre.
Le chevet à trois pans du collatéral était percé de deux fenêtres hautes et étroites, aujourd’hui murées. Dans leur partie haute, un trilobe repose sur des colonnettes dont les chapiteaux varient (feuilles de rose à l’est, franges au nord). Le pan sud du chevet est masqué par une tourelle d’escalier de plan carré.
Le mur sud est percé de quatre fenêtres dont une est dépourvue de meneaux. La sacristie est édifiée en 1856 et agrandie en 1881. Les trois fenêtres du chevet sont divisées par deux meneaux.
A l’intérieur de l’église, un arc triomphal sépare la nef du chœur. Il est supporté par deux piliers octogonaux engagés.
La voûte du chœur, dont les nervures sont épannelées en triangle, est datée du XVe siècle. Ses six ogives rejoignent une clef portant le monogramme IHS. Elles reposent sur les deux piliers engagés et sur quatre colonnes cylindriques plus anciennes. La corbeille de leurs chapiteaux est cantonnée de quatre feuilles que terminent des crochets d’angle, caractéristique qui permet de les attribuer à la seconde moitié du XIIIe siècle. L’authenticité de ces chapiteaux est remise en cause par Roger Rodière qui les considère comme des pastiches réalisés au XIXe siècle. 
 
Les deux vaisseaux communiquent par trois arcades portées par des piliers octogonaux à chapiteaux carrés garnis d’une frise de feuillage touffu. Ce type de décor végétal est courant dans les églises à la fin du Moyen Age du Boulonnais et du Montreuillois.
 
Les voûtes des deux vaisseaux ont été refaites au XIXe siècle, à l’exception de celles du chœur.
En 1890, le conseil de fabrique attire l’attention du conseil municipal sur l’état de délabrement général de l’église. Le chantier de restauration, confié à l’architecte Clovis Normand, démarre en 1894. Les travaux de sculpture sont réalisés par Jean-Marie Morel, artisan de Bernieulles. Auguste Vasseur, entrepreneur de Samer, a en charge la rénovation de la toiture. Le coût total de cette campagne de travaux s’élève à 11 823 F.
Les années suivantes sont consacrés à des reprises de la toiture du clocher et à la réparation du chéneau qui sépare les deux toits. Ces travaux sont réalisés par Adolphe Libessart, maçon et couvreur à Fruges, et Jules Métifeu, ferblantier-zingueur.
En aout 1925, le chéneau est renouvelé à l’occasion de travaux de restauration de la toiture confiés à l’entreprise montreuilloise Cardon.
Entre 1977 et 2001, de gros efforts financiers sont consentis par la municipalité pour la restauration de l’église. La toiture est refaite, les contreforts de l’entrée et ceux du clocher sont reconstruits. Des renforts de béton solidifient les murs et deux tranches de travaux sont programmées pour la restauration des fenêtres et des vitraux.
En 2000, une mobilisation d’une soixantaine de bénévoles de 9 à 70 ans pendant plus de deux mois a permis de rénover l’intérieur de l’édifice. Les murs et la voûte ont été mis à nu, poncés, grattés et rejointoyés.
        D’Elamberthe à Blanche Renée
L’église ne possède pas de mobilier ancien, remplacé au XIXe siècle par des autels et une chaire dans le goût néogothique de l’époque, mais sa cloche a été classée aux Monuments historiques au titre objet en 1908.
Sous l’Ancien Régime, l’église Saint-André possédait trois cloches bénies le 25 juillet 1682. La plus grosse se nommait Elamberthe, les deux autres Agnès et Agathe. Ces deux dernières ont disparu à la Révolution. Elamberthe est refondue en 1951 et renommée Blanche Renée.
La cérémonie de bénédiction du 31 juin 1951 , longuement relatée dans la presse de l’époque, démarre par un cortège accompagné par la fanfare de Thiembronne. S’y succèdent des chars représentant les cloches et symbolisant les trois sacrements plus particulièrement annoncés par les cloches. Le baptême est figurée par un groupe de mamans portant leurs bébés, le mariage représenté par un couple récemment marié et l’Eucharistie par un groupe de jeunes filles portant calice, patène et ciboire. Cette procession est suivie d’une cérémonie religieuse en présence de parrains et marraines et du clergé du secteur. La foule y fait tinter les cloches et chacun reçoit une image souvenir et un cornet de dragées.
La Chapelle
Hucqueliers compte une seule chapelle, totalement atypique: cette maison, occupée autrefois par une boutique, fut aménagée après la Seconde Guerre mondiale en chapelle par l'abbé Parmentier: il venait y dire la messe l'hiver, afin d'éviter aux personnes âgées la longue montée abrupte de la rue de l'Eglise. La chapelle est signalée par une simple croix en fer sur sa façade, et percée de baies à vitraux. Son porche a conservé ses chasse-roues.
Texte tiré de "A la découverte du patrimoine d'Hucqueliers" par Sophie Léger et Delphine Maeyaert

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